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Le Chasseur {Epilogue}

Publié le par danouch

« Ce matin, non loin de Lille, c’est une découverte stupéfiante qui frappe ce village. La police a arrêté chez lui, Gérard Walberg, ancien inspecteur de police et père de la défunte Rose Delaine tué il y a presque quatre mois à Paris. Accusé d’avoir monté et dirigé une organisations de trafique d’organe…»

Il zappe.

« C’est hier dans la journée, qu’un escadron militaire a encerclé un petit quartier à quelques kilomètres de Marseille. Une véritable scène digne des plus grands film d’action américains, pas moins d’une vingtaine de soldat issu des forces spéciales pour maîtriser ce qui serait une cellule de criminels internationale… »

Il zappe.

« Le colonel Calvin Delaine était sur place, il a lieu de ce demander si cette descente spectaculaire aurait un lien avec le meurtre de Rose Delaine, sa femme. Rappelez vous, il y a quatre mois, son corps a été retrouvé dans une ruelle de Paris, près de l’Opéra... »

Il zappe.

« L’arrestation de Gérard Walberg, la descente près de Marseille. Tout porte à croire que le père de Rose Delaine serait à l’origine du meurtre de sa fille… »

Il éteint l’écran de télévision. Personne ne parle de lui. Personne ne parle du Marchand de Sable. Encore une fois, l’armée à filtrer les informations et laisse bien entendre ce qu’elle veut qu’on entende.

- Monsieur Milak, votre petit déjeuner.

Une infirmière rentre dans la chambre et pose un plateau sur la table roulante. Sevan se redresse tant bien que mal sur son lit. Le bras plâtré du haut de l’épaule jusqu’à la pointe des doigts. Des points de sutures sur le visage fermant la plaie ouverte par les différents tires dans sa direction.

Il ne se souvient pas avoir été emmené à l’hôpital. Pas même un rayon de lumière. Alors que Jack avait tiré la dernière balle en plein crâne du Marchand, il s’est évanouie sous la puissance de la douleur. Le Marchand lui avait brisé le bras et tous les doigts de sa main droite. C’est à se demander comment il a pu rester éveillé aussi longtemps, l’adrénaline, la peur, l’effroi a dû jouer mais lorsqu’il a vu le corps de son bourreau tomber au sol, avec une lenteur irréelle, la tension l’a accompagné dans la chute. Un poids a disparu. Son corps n’a pas tenu plus longtemps.

Il s’est réveillé il y a quelques heures, dans son lit d’hôpital. Dans une chambre vide. Ses yeux ont parcouru la pièce avec une certaine inconscience, la réalité avait dû mal à se mettre en place. Puis une chose l’a frappé. Le silence. Pas de cri, pas de coup de feu. Un sentiment à exploser dans sa poitrine. Le soulagement. Le retour à la normale.

L’émotion était forte, quasi-nouvelle. Depuis combien de temps n’a-t-il plus senti cette insouciance ? Depuis combien de temps ne s’est il pas réveillé avec la peur quotidienne, omniprésente, lui tenaillant la gorge ?

Sa tête a basculé en arrière et presque symboliquement, il a prit une grande inspiration et a expiré par la bouche laissant les derniers résidus de cette histoire, s’évanouir dans le temps.

C’était finit.

Il aurait crié de joie s’il avait pu, il aurait sauté sur place, dansé, chanté, pleuré ! Il était mort ! Le Marchand était mort ! Et lui était là, bien vivant.

- Vous désirez autre chose ? Lui demande l’infirmière le sortant de ses rêves.

- Non ça ira, merci.

Certes il a des séquelles, il en fera encore des cauchemars, il ne cessera jamais de regretter la mort de tous ces hommes et femmes. Il ne cessera jamais de penser à Cédric sans se sentir coupable, sans sentir son cœur se serrer dans sa poitrine mais aussi égoïste que cela puisse paraître, il est heureux. Le calvaire a prit fin. La chasse est terminée. Il ne manque plus qu’une personne et tout sera enfin parfait.

La porte s’ouvre brusquement laissant entrer une tempête brune au regard pourpre.

- Ca y est. Ton père a été libéré ce matin. Lui dit Eden avec le sourire.

Sevan lui répond par le même sourire. Il observe le visage de l’être aimé avec tendresse, un strippe ferme la blessure qu’il avait à l’arcade, quelques égratignures sur le visage, des mouvements encore douloureux, lorsqu’il marche mais rien ne viendra gâcher ce magnifique sourire. Ce magnifique contentement sur son visage. Ce sourire rayonnant pour lequel Sevan est tombé.

- Ta mère n’a rien de grave. Elle est surement encore sous le choc. Elle a rejoint ton père, ils viendront surement te voir dans la journée.

Sevan ne dit rien, il se contente de sourire en regardant son amant. Ses yeux redescendent lentement sur son cou dont une belle veine ressort, un début de clavicule à découvert. Le reste se camouffle derrière un sous pull fin et blanc dont il peu deviner un torse finement musclé, qui soulève délicatement le tissu. Il redescend sur le jean sombre avant de remonter rapidement jusqu’à ces yeux. Eden est resté muet durant ses quelques minutes, il s’est laissé observer par Sevan, comme s’il s’agissait de la première fois qu’il le voyait.

- J’ai l’impression que ca fait des décennies que je ne t’ai plus vu aussi attirant.

- Je sais pas si c’est un compliment mais merci, répond Eden amusé.

- Et si tu montrais ce qu’il y a dessous…, murmure Sevan en passant sa langue sur ses lèvres.

Eden arque un sourire sensuel, il pousse la table roulante et grimpa sur le lit d’hôpital, en califourchon sur Sevan. Il retire sans attendre le sous pull, Sevan approche sa main valide et caresse sa peau avec tendresse. Des frissons parcours son corps tout entier, Eden sent déjà un souffle torride remonte le long de sa gorge.

- Tu devrais fermer la porte à clé, susurre Sevan.

- C’est déjà fait.

Ils partagent un regard complice. Sevan se redresse pour venir poser ses lèvres sur cette peau nacrée. Il dépose des baisers doux sur chaque bleus qu’il voit. Il remarque un hématome disproportionné sur tout le flan gauche, déjà partagé entre le jaune, le bleu, le violet et le rouge, il passe lentement ses doigts dessus ce qui fait grimacer de douleurs Eden. Sevan le regarde inquiet.

- Un souvenir du Marchand.

Une vérité assombrit le regard de l’aîné, l’excitation disparaît. Il fixe cette marque avec intensité, se remémorant toutes les fois où Eden a failli disparaître de sa vie. La tempête de neige, la venue du Chasseur au chalet, l’explosion de l’immeuble, dans l’école, la course poursuite avec le Marchand jusqu’à l’air d’autoroute, dans la maison de Michèle, dans la clinique. Toutes ces fois où il aurait pu ne jamais le revoir.

Comme si Eden avait lu dans ses pensées, il pose ses mains sur son visage et le remonte jusqu’à lui pour l’empêcher de regarder son bleu. Il plonge ses yeux dans le brun des siens, il parcours ses iris avec amour avant de laisser transparaître un sourire plein d’amour.

- On est vivant. Je suis vivant. Tu es vivant. Notre histoire commence maintenant.

Il scelle sa promesse par un baiser profond. Un baiser de réconciliation. Un premier baiser. Sevan abdique, sa main retombe sur son torse, emporté par la danse voluptueuse de leurs langues. Le cœur battant. Le cœur gonflé. L’excitation revient, moins sauvage, plus forte et douloureuse. Une larme solitaire roule sur sa tempe et meurt dans ses cheveux.

Eden se détache de lui et vient embrasser son cou, serrant son corps au sien. Ses mains descends sur épaules et détache cette robe insignifiante pour la jeter plus loin dans la pièce. Il incite Sevan à s’allonger, pour continuer ses baisers, ses caresses. Le torse de Sevan se gonfle sous le plaisir que lui procure la douce chaleur des baisers d’Eden. Il aime sentir ses mains grandes expertes parcourir son corps, sentir la langue chaude et suave venir lui lécher les mamelons. Son dos se cambre, ses yeux se ferment. Sa langue siffle entre ses lèvres. Les cheveux d’Eden chatouille son ventre alors qu’il continue de descendre. Ses mains suivent en caressant ses hanches, elles retirent le tissu et dévoilent la mesure de l’excitation de Sevan. Eden a arrêté ses baisers.

Une vague de frisson coupe le souffle de Sevan qui ouvre instantanément les yeux, Eden remonte sa langue paresseusement le long de la verge. Sevan serre le drap dans ses mains, il retient un râle profond tandis que tous ses muscles se contractent. Eden prend son sexe à pleine bouche et rompt sa volonté, Sevan n’arrive plus à retenir son cri. Son corps tout entier en semble soulager avant d’être harcelé par les mouvements de vas et viens de la langue fourbe d’Eden. Le plaisir est indéfinissable. La chaleur est étouffante. La bouche couvre sensuellement tout son sexe, l’étouffe dans un cocon de chaleur intense.

Brusquement quelqu’un vient frapper à la porte, on essaie d’entrer mais la porte est fermée. Sevan ouvre brusquement les yeux, la sueur sur le front. Ca n’arrête manifestement pas Eden.

- Monsieur Milak ? Tout va bien ?

Sevan est rouge de honte (ou d’excitation) tente de dire quelque chose.

- Ou-oui ! Il arrive à articuler.

- Pourquoi vous avez fermé à clés ?

Eden arrête sa fellation, il s’apprête à dire quelque chose Sevan se redresse et pose sa main sur sa bouche devinant aisément le genre de phrase qu’il pourrait sortir.

- Je me prépare ! Je suis pudique !

- Ah…Très bien. Je vous demanderai d’ouvrir la porte quand même Monsieur ! Pour des raisons de sécurité.

Sevan ne réponds pas. Eden retire doucement sa main de sa bouche et commence à lécher son index sous l’œil humide de Sevan qui n’arrive plus à remettre de l’ordre dans ses idées. Il est fasciné par la façon dans la langue rouge et humide d’Eden s’enroule autour de son doigts, la façon dont ses lèvres vives et pulpeuses embrasse sa peau avant de s’en détacher. Eden est satisfait, le voir aussi envoûté gonfle sa poitrine d’orgueil. Il tire Sevan par le bras et l’approche de lui, toujours assit en califourchon sur lui, il happe langoureusement sa bouche.

L’excitation est montée d’un cran. Eden se lève et retire son jean déjà déboutonné et son boxer. Il se repositionne sur Sevan mais cette fois, il se place entre ses jambes et remonte ses cuisses sur son bassin. Le regard embrumé de Sevan le fait sourire, il se baisse jusqu’à lui et vient mordre la peau de son cou, il entend son souffle, ses gémissements de plaisir. Il remonte sur sa bouche qu’il vient lécher de la pointe de la langue, sa main droite découvre son front de ses cheveux alors que la gauche remonte sur sa cuisse.

Il l’embrasse à nouveau alors qu’il introduit le premier doigt, Sevan mord sa langue. Le sang se mêle à la salive alors qu’il sent remuer en lui cette intrusion. Une deuxième intrusion le fait se cambrer, ses yeux se ferment, le plaisir le gagne enfin. Eden a de l’expérience, il a confiance.

Le baiser est interrompu. Eden le pénètre lentement. Il y va par étape, lentement, il se fait accepter. Avec une délicatesse rare, Sevan n’a même pas mal. Parfois un gémissement plein de douleur siffle entre ses dents mais ce n’est pas insupportable. Eden réussi à entrer totalement en lui, il s’arrête quelques instants pour l’habituer mais Sevan se fait pressant. Espiègle, Eden commence les premiers vas et viens, d’abord délicat, sans brutalité. Sevan y prend un plaisir évident, la sueur qui perle sur son front, les plis que prennent son visage sous le plaisir, la bouche mi-ouverte qui laisse échapper un souffle saccadé et brûlant.

Eden augmente la cadence. Les coups de reins deviennent plus fort, plus sauvage, Sevan se mord le poing pour ne pas crier. Eden se retient tant bien que mal alors que le bruit du claquement de la chair contre la chair emplit la pièce, emplit leurs esprits. Sevan laisse son esprit divaguer, la brume le couvre, il oublie la pièce, il oublie tout ce qui entrave son plaisir, il se laisse aller. La luxure les possède. La fièvre l’emporte.

Suant, à bout de souffle, Eden accélère d’avantage. Il se force à garder les yeux ouverts, regarder le visage envahi par l’extase de Sevan, ses muscles lui font mal, sa tête tourne, il jouit à l’unisson avec Sevan qui retient de toutes ses force son dernier cri. Eden en perd l’équilibre, il se retire et tombe en arrière, il se soutient par ses bras, la tête en arrière. Le torse soulevé par les respirations fortes.

Sevan sent tout son corps s’endormir, il n’a même pas la force d’ouvrir les yeux alors qu’il tente de reprendre son souffle.

Les mouvements du corps d’Eden ne l’aide même pas à rester éveiller. Son souffle reprend son rythme alors que le plus jeune se rhabille de ces effets. Il vient poser sa main sur le front de Sevan qui daigne enfin ouvrir un œil.

- Tu devrais te rhabiller aussi, je vais aller ouvrir la porte.

Sevan retient le bras d’Eden pour l’amener à lui avec force emprisonnant ses lèvres contre les siennes. Il retire sa pression mais ils continuent de s’embrasser, Eden s’écarte doucement, un sourire tendre gravé sur son visage. Il lui tend sa robe blanche avant d’aller déverrouiller la porte.

Les heures passent lentement mais jamais ils n’ont été aussi heureux de voir le temps s’écouler sans crainte. Ils se plaisent presque à rester de long moment dans le silence, sans rien se dire, juste à se jeter quelques regards complices de temps à autres. Eden est descendu un instant dans la boutique de l’hôpital pour acheter un journal à Sevan et un magazine de jeux pour lui.

Ce n’est qu’au couché de soleil que le médecin a finalement décide de venir les voir, une feuille de sortie dans la main.

- Je crois que vous avez bien mérité de sortir d’ici. Sourit le vieil homme.

Il tend la feuille de sortie à Sevan qu’il s’empresse de signer, il se redresse et s’habille de quelques effets qu’Eden a préparé au cas où. Dans la hâte Eden a plusieurs fois appuyé sur la joue blessée de Sevan en tentant de lui passer son pull, les gémissements de douleurs sont mêlées aux rires des deux hommes. Décidemment, rien ne pourrait mettre en colère l’un d’eux, tout ce qu’ils désirent c’est partir et rentrer enfin chez eux.

En bas de l’hôpital, Sevan a fixé longuement les portes électriques. Ses pas sont étrangement lent, son cœur bat au ralentit, il déglutit. Son premier pas vers l’extérieur lui coupe le souffle, un vent inconnu lui balaye le regard. Il regarde la rue, les passants, avec une certaine distance. Il ne peut s’empêcher d’imaginer un van débouler du bout de la rue, remplis de militaires, une scène surréaliste pour certain mais qui a été son lot quotidien pendant des mois. Aujourd’hui c’est toute cette normalité qui lui parait surréaliste, tout ce silence qui paraît impossible.

- Tu finira par t’y habituer. Lui sourit Eden devinant ses pensées.

Sevan lui répond par un sourire timide.

Ils s’avancent dans le parking en se tenant la main, Eden lui ouvre la porte de sa voiture et l’emmène loin de l’hôpital, loin de la ville. Alors que les paysages défilent sous ses yeux il se dit qu’il hâte d’arriver à destination, il en a assez de la route, des kilomètres. En quelques mois il a traversé la France de long en large et en travers, chaque voyage n’était que fuite, course contre la montre. Ses longues lignes de goudrons qui sillonnent le pays, il ne veut plus en voir, il ne veut les arpenter. Il ne désire qu’une chose, retrouve son chez soi. Revenir dans sa maison. Sa maison…Où est-ce déjà ? Paris ? Reprendre son travail à la banque ? Impossible. La fantôme de Cédric plane sur cette ville et principalement sur le lieu de son travail, il ne se sent pas capable de rependre sa vie là où elle en était. Inimaginable. Il ne pourra pas faire comme si rien ne c’était passé, ca serait nié la mort de Cédric, ca serait nié son histoire avec Eden. Il vivra avec, il l’utilisera pour construire sa vie et forgé son futur. Avec lui et peu importe l’endroit. Pourquoi il y pense d’abord ? Son chez soi il l’a trouvé.

Instinctivement, son regard se détache de sa fenêtre et se tourne vers le conducteur qui fixe la route, indifférent. La nuit tombée, les lumières de la route disparaissent pour les lumières de la ville, Sevan reconnait le chemin, les rues. Bientôt il quittera l’hyper-centre et s’engouffrera dans la banlieue résidentielle. Un certain sourire nostalgique s’étire sur son visage lorsqu’il aperçoit enfin les lumières provenant de la villa des Bale. Le grand portail noir s’ouvre sur l’allée centrale, Eden arrête la voiture sur les graviers et sort plus pressé que jamais.

L’odeur des bons souvenirs ravivent ses papilles, Sevan se laisse trainer jusqu’à la porte qui s’ouvre avant même qu’ils n’aient eu le temps de sonner. Dans une magnifique robe turquoise tombant sur une paire d’escarpins hors de prix, le visage élégant de Jill les accueille.

- Vous êtes en retard ! Elle s’écrie courroucé.

Les deux garçons s’arrêtent, prit en faute. Eden en baisse les yeux comme un enfant grondé. Lentement, une étreinte maternelle couvre le corps frêle de Sevan qui se laisse totalement faire, à la fois surpris et heureux. Pour la deuxième fois depuis qu’ils se connaissent, Jill se permet un geste d’affection envers lui et la sensation est toujours aussi chaleureuse. Se petit picotement dans l’estomac qui lui chatouille le cœur et qui l’oblige à sourire, sa façon à elle de lui souhaiter le bon retour.

- Tu es splendide Jill, complimente Sevan.

Elle lui offre un magnifique sourire avant d’ouvrir la porte.

Comme la première fois, Sevan s’attarde sur tout ce que ces yeux voient. Le long couloir de l’entrée orné de tableaux, le bruit crescendo des voix qui s’échappent du salon. La lumière ocre des lustres, l’escaliers suspendu qui mène à l’étage. Sur sa droite, le comité d’accueil les attends.

- Seigneur un revenant ! S’écrie Eve.

Elle lui saute au cou et dépose un baiser bruyant sur sa joue, émue elle le regarde de haut en bas le sourire aux lèvres. Elle resplendissante, pense Sevan, il ne l’a jamais vu aussi heureuse.

- Lâche le un peu, tu vois pas qu’il étouffe. Sermonne Eden amusé.

- Tu l’auras pour toi tout seul ce soir alors laisses le nous un peu, lui dit Gaël en descendant des escaliers.

- Encore entrain de t’isoler ? Le taquine Sevan.

Pour toute réponse Gaël lui sourit.

Par ce simple regard complice, tant de choses sont dites, des choses qu‘ils ne veulent pas dire à haute voix. Avec le temps, ils ont développé une relation particulière, une relation qui leur appartient à eux seuls. Eden en serait presque jaloux.

- On attendait plus que vous ! Gronde la voix de Jack en sortant des cuisines.

- Jack ? Où est passé ton fauteuil ? S’étonne Sevan.

De sa haute stature, penché sur sa canne, Jack relève le pant de son pantalon et dévoile une prothèse aussi vraisemblable qu’une jambe ordinaire.

- La technologie militaire. Le must du must, dit il en lui faisant un clin d’œil.

La sonnerie retentit à nouveau, Jill sort sans attendre de la cuisine et se dirige vers l’entrée, intrigué Sevan tend l’oreille pour essayer de distinguer une voix connue. C’est presque avec stupeur qu’il reconnait le couple, l’homme tend une bouteille à Jill tandis que la femme quitte sa veste.

Ses parents se tiennent debout, des sourires quelque peu forcés, gênés et à la fois heureux d’être ici. Son père se tient un peu plus en retrait alors que sa mère engage plus aisément la conversation avec la maîtresse de maison. C’est Eden qui le sort de ses pensées, ses doigts fins viennent lui chatouiller la paume de sa main, devenue statique. Brusquement il se tourne vers son amant, une question lui brûle les lèvres, Eden l’embrasse pour toute réponse avant de l’inciter à rejoindre ses parents.

« Tu savais qu’il viendraient ? »

Les retrouvailles sont intenses, l’étreinte de ses parents le fait craquer, il expire un soulagement alors qu’il refuse de quitter les bras protecteurs de sa mère, plus émue que jamais de pouvoir enfin tenir son fils dans ses bras. Le regard honteux de son père lui brise le cœur, tant de questions qu’il tait au fond de sa poitrine alors qu‘au fond, Sevan lui a depuis longtemps pardonné ses erreurs.

- Venez, j’ai quelqu’un à vous présenter.

Sevan présente ses parents aux Bale. Jack connait déjà Olivier et leur dernière discussion n’a pas été très cordiale, néanmoins il semble l’avoir occulté, il tend sa patte d’ours à Olivier, comme si c’était la première fois qu’ils se voyaient.

- Ici, je ne suis plus le colonel Bale. Il a dit simplement. Appelez moi simplement Jack.

D’abord hésitant, Olivier fixe sa main sans savoir si c’est sérieux ou non. Evidemment il sait que ses choix ne seront pas compris et que ces actes ne seront pas absout mais il a accepté il y a des années d’en porter le fardeau. Aujourd’hui, c’est un nouveau départ que lui propose Jack Bale, une manière de repartir à zéro.

- Je vous présente Eden.

Sa mère a tout de suite deviner ce qu’il représente pour son fils. Sans réussir à s’en empêcher, elle le compare immédiatement à Cédric et la différence est frappante. Ils ne se ressemblent en rien si ce n’est la taille. Eden est plus jeune, bien plus jeune. Son sourire est rayonnant alors que celui de Cédric était plus discret et charmant. Elle imagine que leur idylle n’est pas toute fraîche, Sevan est tombé dans les filets du brun avant la mort de Cédric. Alors elle cherche, elle est curieuse, que voit Sevan en Eden qu’elle n’a pas encore vu ?

De son côté, Olivier salue tout simplement Eden, en le remerciant d’avoir été présent pour son fils. Lui aussi était très attaché à Cédric, c’était un homme respectable, plein de qualité. Un homme extraordinaire pour son fils qui a réussit à lui redonner confiance en lui. Cédric était très protecteur envers Sevan. Eden a changé d’une autre façon Sevan, en se comportant avec lui plus en ami, au lieu de le couver comme le faisait Cédric. Il lui a fait comprendre qu’il pouvait se défendre seul et qu’il avait la force de défendre les autres.

Jill dépose tous les plats qu’elle a préparé sur la table, des petits fours, des entrées froides, des beignets de pomme de terre, un véritable banquet. Tous se régalent, discutent, Eden est assaillis de question par la mère de Sevan, à tel point qu’il ne peut plus discuter une seconde avec son amant ce qui fait sourire ce dernier.

Milli va de bras en bras, apportant une touche d‘allégresse insouciante. Gaël est charrié par Sevan qui cherche à en savoir plus sur une possible relation avec Isis, ce qui attire évidemment les moqueries d’Eve à mesure que son cadet de frère rougit. Non loin, au cœur de la pièce, assise sur sa chaise, la maîtresse de maison pose un regard pétillant sur l’assemblée. Comblée, elle pose sa main gauche sur celle de son mari. C’est comme ça qu’elle souhaite vivre maintenant, avec tout ce beau monde autour d’elle.

Vivre. Rire. Pleurer. Mourir. Des termes bien loin du vocabulaire de quelques hommes. A des kilomètres des lumières de la villa Bale, a côté d’une clinique en ruine, un homme marche lentement dans les pièces délabrées, faisant craquer les morceaux de verres brisés sous ses pieds. Il se baisse sur une grande tâche sur le sol, un genoux à terre, il retire un collier de son cou et le pose sur le béton. Aussi tôt un souvenir poussiéreux ressurgit. L’image d’un enfant chétif que la famine tuait à petit feu, l’image d’une main tendue aussi effrayante qu’attirante. Le regard émeraude du serpent.

Le souvenir est balayé par un courant d’air. Seth se redresse et repart les mains dans les poches. La chasse est terminée.

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Ca a été un véritable régale d'écrire cette histoire avec Lilly ! :D notre troisième co-prod ! Notre premier thriller !
En relisant je me rends compte qu'il y a plein de chose que j'aurai changé, amélioré mais en même temps c'est notre première expérience dans ce thème. C'est un texte imparfait avec plein d'erreur mais il me plait ! =)

Au final mon personnage préféré est le Chasseur, un jour je ferai un OS ou une nouvelle sur lui !

J'espère vous retrouvez dans d'autres fic
tions ! Bisous